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Mon âme a chaviré et fait naufrage Dans une mer déchaînée par l'orage. Les lourdes eaux recouvrent avec fracas Ma jeune assurance qui face au trépas Croule sous les déferlantes d'écume. Pendant l'éclair j'ai pensé dans ma brume Que jamais plus je ne verrai le ciel Car déjà il se fermait sans appel Et je descendais dans d'épais ténèbres. Chétive épave après un temps de fièvre Je sombre jusqu'aux ancrages des monts Où m'enserre un silence si profond Qu'en son nid la mort m'attire Et le cœur me fond comme de la cire. Les joncs autour de ma tête se nouent Et vide de tout je tombe à genoux.
O Eternel je t'appelle au secours : Dans ma détresse ouvre tes bras d'amour. Fais flotter mon âme jusqu'à tes pieds Comme une pauvre coquille brisée Et que là je demeure à ta lumière Pour que toute nacrée dans tes eaux claires Je puisse te chuchoter doucement : « Mets-moi contre ton oreille et entend, Entend les faibles échos de tes vagues Tes vagues d'amour qui mon cœur élaguent Elaguent mon cœur de toutes ses peurs ». Tire-moi jusqu'au rivage, Seigneur, Comme jadis Jonas, fils d'Amittaï. Qu'à nouveau, Jésus, de joie je trésaille ! Ma vie sans toi perd vite sa saveur, Elle a besoin du sel de son Sauveur. Encordé à ta constance nul rapace Ne m'empêchera de refaire surface Car tu entends la voix au fond du gouffre Quand dans le ventre d'un poisson elle souffre.
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