"Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle" (1Timothée 5.8).
Cette parole semble particulièrement dure. Et à notre époque, où la maltraitance des enfants et les violences conjugales font la une de nos journaux, nous aurions une tendance naturelle à attribuer ce jugement à ceux qui se rendent coupables de tels actes. De plus nous avons, à juste raison, peine à imaginer que de telles ignominies puissent exister parmi les chrétiens ! Dans ce cas, nous dirions avec Paul que les plus précieuses valeurs de la foi auraient été reniées, et que bien des incroyants surpasseraient de tels "chrétiens" !
Il y a pourtant plusieurs manières de "ne pas prendre soin des siens", et certaines sont très subtiles. Jésus reproche aux pharisiens leur zèle à servir Dieu, au détriment de leur famille : "Vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est corban, c'est-à-dire, une offrande à Dieu, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère" (Marc 7.11-12).
Bien des serviteurs de Dieu ont une fausse notion des priorités du ministère, priorités erronées que l'on enseigne encore souvent aujourd'hui aux candidats au ministère : Consécration absolue ! L'œuvre de Dieu doit passer avant toute autre considération ! Avec un tel régime, on ne compte plus les épouses de pasteurs en dépression et les enfants rebelles à l'Évangile. Selon Paul, la relation qui existe entre Christ et l'Église doit se refléter dans le couple chrétien (Éphésiens 5.25-33). Le pasteur n'est pas marié à son assemblée, mais à sa femme, et ne doit pas être une source d'irritation pour ses enfants (Éphésiens 6.4).
Que les fardeaux du ministère ne soient jamais pour nous un "corban" que nous offririons à Dieu en toute bonne conscience, au détriment de ce que Dieu nous a donné de plus précieux au monde : notre famille. Voici les vraies priorités du serviteur de Dieu fidèle :
- Dieu : Toujours et en tout le premier.
- Moi-même : De mon état spirituel dépend le bien-être de ma famille comme celui de mon église.
- Ma famille : "Si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu ?" (1Timothée 3.5).
- L'église : Dieu me l'a confiée comme un prolongement de ma famille.
Jean-Claude Guillaume