Avons-nous bon appétit ?
Deux expériences furent pratiquées sur un échantillon de cent nouveau-nés. On leur fit goûter un liquide sucré, puis un liquide légèrement amer. Dans le premier cas, la totalité des bébés se régala. Mais lors du second test, quatre-vingt dix neuf d'entre eux firent la moue ! Aujourd'hui, j'imagine ces enfants "inconditionnels du Mac Do" qui préfèrent les sucreries ou les gâteaux à la bonne soupe de maman...
Et quand à table, si vous l'adulte, vous êtes difficile, exigeant voire grognon, j'ai un remède pour vous : retrouvez vite l'appétit ! Cela n'a rien à voir avec le bon coup de fourchette de votre tonton Fernand qui ingurgite une quantité considérable de nourriture. Non ! Il suffit simplement d'avoir faim. De cette faim qui vous fait apprécier l'inacceptable : "Celui qui a faim trouve doux tout ce qui est amer" (Proverbes 27.7).
Sur le plan spirituel, avoir de l'appétit, c'est aimer la douceur comme l'amertume de la Parole de Dieu. La Bible n'est pas faite seulement de promesses et de bénédictions, ce dessert que trop de chrétiens cherchent à séparer du repas complet et équilibré que Dieu leur propose. Il y a aussi, dans la nourriture céleste, des conseils, des avertissements, des commandements, que celui qui a faim trouve doux et agréables !
Il n'est pas dans la nature humaine d'aimer se soumettre à la volonté d'autrui, ni même à celle de Dieu. Mais le chrétien a reçu une nature qui lui fait accepter l'amertume de la sainteté, les rigueurs de la discipline et du renoncement. C'est alors qu'il expérimente la paix et la joie qui découlent de l'obéissance…
Avons-nous cette faim qui procure un réel plaisir à obéir à Dieu, aux autorités établies dans l'Eglise comme en société (1Pierre 5.5 ; Tite 3.1 ; Romains 13.1-7) ?
Enfin, rappelons-nous la Bonne Nouvelle de l'Evangile, ce message du pardon de nos péchés offert par le Dieu d'amour. Nous répondions à l'invitation du Sauveur au repas en tête à tête (Apocalypse 3.20) qui s'accompagnait de l'amertume de la repentance et des exigences divines (Tite 2.11-12).
N'oublions pas que la Pâque salutaire des Hébreux -ce repas qu'ils devaient prendre avant leur sortie d'Egypte pour le pays promis- était composée d'herbes amères (Exode 12.8)...
Paul Ettori